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visite

  • Moi, je ne veux pas y aller, à Verdun !

    Verdun2.jpgA voir comme ça, Verdun est une ville comme les autres.

    Il y a un joli fleuve qui la traverse ( la Meuse), des maisons pittoresques, des quais où les amoureux se promènent et  s'embrassent en écoutant le murmure de l'eau... Bref, Verdun ressemble à n'importe quel ville au bord de l'eau si ce n'est que Verdun n'est pas n'importe quelle ville.

    Avant que j'y aille, ce nom était d'abord pour moi une bataille dans mon livre d'histoire : la bataille de Verdun. A l'époque je n'habitais pas en France ; donc, je ne savais pas exactement où se trouvait, Verdun. Mon professeur de l'époque parlait de millions de morts, des centaines  de malheureux qu'on envoyait aux casse-pipes, qu'on gazait. Dans mon esprit c'était une leçon à appredre.

    Et on passait vite le chapitre de la Grande guerre pour étudier la seconde guerre mondiale (qui, bien que pas "grande ", elle fut aussi meurtrière et abjecte -comme les guerres en général) !

    Puis j'ai grandi et le destin m'a conduite en France, dans un petit collège sympathique où quelques années auparavant, l'idée est venue de faire un voyage à Verdun dans le cadre du programme d'histoire. J'ai eu la chance (?) d'accompagner les élèves à ce voyage. Après tout, pour moi aussi c'était la première fois.

    Évidemment, je savais qu'il ne s'agissait pas d'un voyage d'agrément ! Mais là, comment dire ? Je me suis retrouvée comme Alice, de l'autre côté du miroir ! je l'avoue, je n'ai pas aimé. C'est peut-être la faute à mon imagination débridée, je les voyais autour de moi ces Poilus qui gémissaient, qui souffraient, qui mouraient... Ils étaient là à demander de l'aide, de la compassion, à pleurer et je ne pouvais rien pour eux !

    Les Poilus !

    Des millions d'ossements blanchis ; d'innombrables croix blanches ; des millions des voix ; des cris ; des larmes ; des milliards des pensées  qui suintent des murs, jaillissaient des sols, de la terre, du fleuve, des maisons et des quais.  Jusqu'aux  baisers des amoureux qui s'imprégnaient de leur souffrance. Les Poilus sont partout à Verdun :  dans les arbres, dans l'herbe, dans les fleurs...

    L'émotion a été grande.

    D'autant plus que voyage s'était  terminé à l'époque par une visite au camp de Struthof quelque part en Alsace.

    Ça a été dur ! Très. J'ai eu une extinction de voix qui a duré une semaine ! Des frissons d'horreur même maintenant. Quelques photos que je ne regarde presque jamais.

    Alors demain, à 5h00 du matin, lorsque je vais monter dans le bus pour partir avec les élèves pour Verdun, ça va être encore plus dur que la première fois. Parce que aujourd'hui, je sais que Vredun n'est pas juste le nom d'une bataille dans mon livre d'histoire.