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  • La Ville engloutie 20 (Le petit Chaperon II)

    Capitaine5.jpg-  Nos  décisions ou nos actes ne dépendent pas toujours de nos désirs, malheureusement ! Les événéments et les circonstances de la vie font que nous devons parfois opter pour une solution plutôt qu'une autre ; si c'est à contre-coeur,  nous le faisons en souhaitant le meilleur pour ceux que l'on aime. Je m'en voudrais de te faire de la peine, Phyllis. Mais, malgré mon désir de vous accompagner dans votre tournée en Europe, je ne le peux. Ne serait-ce que par égard pour mon équipage qui a besoin de moi.

    La réponse du Hollandais volant attrista Phyllis. De retour sur le navire pour la nuit, elle se plongea dans une profonde réflexion. Durant ces quelques mois qu'ils avaient passé ensemble,  la petite fille s'était habituée à la présence du Capitaine à ses côtés. Elle aimait converser avec lui les soirs accoudée au bastingage du navire. Elle appréciait  ses plaisanteries tout en gentillesse ou  ses conseils avisés. Cet homme cultivé lui avait appris beaucoup de choses en peu de temps.  A aucun moment il ne manifesta de l'impatience ou de l'exaspération lorsqu'elle lui posait des questions. Il prenait le temps de lui expliquer mille choses, jouer avec elle, répondre à ses interrogations. Petit à petit, elle comprenait à l'expression de son visage, aux rides de son front,  ses sentiments ou les pensées qui l'habitaient.  Tout compte fait, le Capitaine représentait l'image du père que Phyllis n'avait pas connu.  Soudain, le petit Chaperon rouge trouva que la découverte du continent européen n'avait plus les mêmes attraits qu'auparavant. Elle  ne voulait, ne pourrait quitter le Capitaine.

    Le lendemain, Phyllis fit part de ses réflexions à Océane et  à Platon.

    - Tu avais raison, Océane. nous devrions changer nos projets. Et pour cela, il faut en discuter avec le Cracheur de feu.

    Le Cracheur de feu écouta attentivement les deux fillettes exposer leur point de vue.

    - Ne le prend pas mal, cher Cracheur de feu !

    - Je comprends parfaitement, répondit ce dernier. Moi-même je suis très attaché au Capitaine chez qui j'ai trouvé un ami véritable. Pourquoi ne pas rester encore quelque temps avec lui  ? Rien ne presse ! Voyager en mer n'est pas désagréable.  Nous pourrions visiter plusieurs endroits ! Nous présenterons notre spéctacle chaque fois que nous ferons une escale !

    Phyllis fut enchantée de cette décision. Tout irait pour le mieux, elle en était convaincue. Son optimisme naturel reprit le dessus.  La seule ombre à son bonheur de petite fille était l'éloignement de sa maman ; mais s'ils décidaient de rester un long moment à Amsterdam, elle pourrait prévenir sa maman afin qu'elle les réjoignît !

    Sans perdre un instant, Phyllis raconta au Capitaine leurs nouveaux projets et fit satisfaite de constater qu'il ne soulevait pas d'objections. Avec son accord, elle s'enferma dans sa cabine pour écrire une longue lettre à sa mère. Quand elle termina, elle fit lire la missive au Capitaine qui ajouta de sa belle écriture une invitation personnelle  à la mère de Phyllis, de les rejoindre au plus tôt à Amsterdam où le vaisseau resterait  amaré jusqu'à son arrivée. Puis, il se chargea lui-même de poster la lettre avant qu'ils ne quittent  le Danemark. Et comme le temps s'y prétait, on profita pour découvrir les beautés du pays avant de reprendre la route. Les journées qui suivirent furent chargées en émotions , en rencontres et en souvenirs. Une semaine s'écoula. Cependant, Phyllis s'impatientait. Elle voulait regagner la Hollande afin d'être plus proche du lieu de rencontre avec sa mère. Elle fit la requête au Capitaine qui sourit avec l'indulgeance de l'adulte face à un enfant.

    C'est ainsi, sous ces belles perspectives de lendemain que le grand navire du Hollandais volant avec à son bord une joyeuse compagnie, mit les voiles et arriva à Amsterdam.

     

  • La Ville engloutie 19 (Le petit Chaperon II)

    Statue petite sirène.jpgArimée  sur la roche, baignée de lumière et d'or, la statue de la petite Sirène d'Andersen contemple les flots pour l'éternité. Muette, les yeux  emplis de nostalgie et d'espoir, elle attend son amoureux dans une posture immuable.Malgré ses doutes, le Pêcheur s'approcha et de sa main calleuse hasarda une caresse maladroite sur les cheveux de bronze. Il s'attarda quelque peu, puis recula d'un pas. Il inclina la tête sur sa puissante poitrine, il eut un soupir mélancolique. Enfin, de sa voix rude il murmura ses mots.

    - O, Sirène !  Amie de tous les marins, humbles ou riches, compagne de mon sommeil et de mes rêves, créature  peuplant les mers et les océans de ce monde; toi, petite Sirène qui refusa l'immortalité pour l'amour d'un mortel ! Écoute ma prière, accepte-la parce qu'elle vient du fond de mon coeur ! Sirène, ma Sirène bien aimée, reçoit le sacrifice de mon amour, de mon âme, de ma pensée, de mon être ! Toi qui sillonne les mers par la pensée, accueille dans tes bras la vie misérable d'un être qui n'a connu l'amour que dans les vastes contrées bleues des eaux  qui t'ont  vu naître ! C'est simplement que je viens à toi !

    Tel fut la prière du Pêcheur lorsqu'il se trouva face à la statue de la petite Sirène dans le port de la capitale du Danemark. Dès qu'il eut prononcé ces paroles, il sortit de sa poche le petit sachet que la Dame de Ker Is lui avait confié et vida son contenu dans la mer. Les particules de sable  iridescent voltigèrent dans la brise légère, en formant un mince filet coloré, et  s'enroulèrent autour du cou de la statue un moment comme suspendus en collier de lumière et finirent leur valse dans les eaux dorées  par le  coucher de soleil. Le Pêcheur soupira à nouveau. Il releva la tête et regarda encore la statue. Sur son visage se dessina une expression de tranquilité sereine. Il sembla libéré d'un fardeau invisible qu'il eût peser ses ses épaules.

    Ses amis, étaient restés un peu en retrait afin de lui laisser la possibilité d'être seul avec son rêve. Tous avaient apréhendé l' instant qui allait mettre le Pêcheur face à l'avatar de la Sirène des mers, une version édulcorée et bien plus humaine  de cette dernière.  Tous, durant la traversée n'osèrent pas exprimer à voix haute leurs doutes. Ils avaient craint à chaque instant de voir surgir de nulle part la Sirène des mers avec ses révendications, sa méchanceté et ses pièges mortels. A présent, tous se sentaient soulagés.

    Le soleil tardait à décliner dans ses contrées nordiques et il se faisait tard déjà. Après avoir respecté lla prière et le recueillement de son ami, Phyllis le petit Chaperon rouge, impatiente de terminer cette quête, s'avança vers le Pêcheur et posa sa minuscule main sur le bras tanné par les travaux marins.

    - Il est temps pour nous de partir, Pêcheur. Je suis contente que tu aies accompli ton pélérinage. Mais je pense qu'il faut pour nous, retourner à notre point de départ !

    - Notre point de départ ?

    - Évidemment ! La Sirène des mers nous laisse tranquilles pour le moment. Rien ne s'oppose désormais à ce que nous partions tous à la découverte de l'Europe ! N'est-ce pas Capitaine ? ajouta-elle en direction du Hollandais.

    - Tu as raison, Phyllis. Tant de choses, de lieux, de personnes et d'aventures vous attendent dans ce vieux continent ! Peut-être qu'il est temps de réaliser vos projets.

    - Quel discours étrange ! Mais, vous venez avec nous Capitaine !

    - Je crains que cela ne soit pas possible Phyllis, répondit le Hollandais avec un tremblement d'émotion dans la voix. Le Cracheur de feu, Océane, Platon et toi vous pouvez partir à la découverte de ce merveilleux continent. Cependant, même si je le voulais, je ne pourrais pas vous accompagner. Je ne suis qu'un vieux marin habitué aux mouvements de la houle sous les planches de mon navire ! De plus, que ferait mon équipage sans moi ?

    - Oh ! Cela est impossible, Capitaine ! s'écria Phyllis horrifiée. Il est hors de question que nous vous quittions ! Je ne partirai pas sans vous. N'êtes vous pas de mon avis, Océane ? Plation ? Pêcheur ? les interpella-t-elle. Et recevant l'approbation de ses compagnons et amis, elle poursuivit triomphante.

    - Vous voyez !? Personne ne partira sans vous ! Même toi, mon cher Cracheur de feu ! Tu ne voudrais pas quitter le Capitaine ?

    Tous acquiescèrent. Il n'était plus question de partir découvrir l'Europe sans le Capitaine. Sans lui, plus rien ne serait pareil ! Tous regardèrent le Hollandais qui se tenait immobile, dos à la mer. Il était venu le moment tant redouté de tous. Qu'allait-il se passer ? Que fallait-il décider ? Tous les yeux restèrent rivés sur le visage du Hollandais volant en attente de sa réponse.

     

  • La Ville engloutie 18 (Le petit Chaperon II)

    Ker ys.jpgDepuis quelques heures déjà, la foule se bousculait, impatiente de voir par elle-même la visiteuse  que était arrivée  la veille au port, à bord du navire du Hollandais volant.  Partout dans le pays, les cloches sonnèrent et les héraults de la ville annoncèrent la cérémonie qui allait se dérouler dans la salle de réceptions du palais, ce soir. Le Capitaine et ses amis avaient été  accueillis par un comité officiel et, ils furent accompagnés en grandes pompes au palais où on leur sérvit à boire et à manger. Ensuite, on les invita à prendre du repos en vue des festivités qui les attendaient le lendemain. Les rues débordaient de gaité, des décorations embellissaient les fenêtres, les places, les maisons. Les gens portaient des habits neufs, des fanfares jouaient de la musique. Enfin, le moment arriva où l'on vint les chercher pour la cérémonie.

    La salle d'audience était somptueusement éclairée. Des dizaines de gens se pressaient derrière les cordons de sécurité pour voir les visiteurs. Le maître des lieux, assis sur son siège était habillé des ses habits de parade. Un brouhaha d'excitation s'éleva lorsque les gardes, suivis de la Dame et du Capitaine en premier penetrèrent dans la salle aux plafonds hauts. Suivaient Phyllis qui tenait Platon dans ses bras, accompagnée d'Océane puis le Pêcheur et le Cracheur de feu fermaient la marche. La procession s'avança devant le siège au centre de la pièce et la Dame s'inclina devant le vieil homme qui s'était levé pour les accueillir. Tout bruit cessa. L'assistance ne voulait pas perdre un seul mot de ce qui allait se dire. L'homme s'avança vers les visiteurs.

    - Soyez les bienvenus, tous dans mon royaume. Aujourd'hui est un très grand jour entre tous. Grâce à vous, Hollandais, ce pays va recouvrir la joie et le bonheur. Voici plusieurs dizaines d'années que nous attendions un moment comme celui que nous sommes en train de vivre.

    Le Hollandais s'inclina légérement à cette annonce. Le vieil homme poursuivit.

    - Le destin a voulu que votre navire  échoue près de ma terre. Votre courage et votre détermination vous ont permis de porter mon message à ma bien aimée femme. Car cette dame, n'est autre que mon épouse chérie qu'un sort atroce avait condamné à vivre en éxil loin de nous et de son pays. Si un homme, suffisamment déterminé faisait le voyage en portant mon message et il acceptait de nouveau de la reconduire jusqu'à moi, le mauvais sort en serait vaincu pour toujours. Vous avez accompli cela ! Malgré les contraintes. Vous êtes revenu avec elle !

    La Dame remercia à son tour le Capitaine et son mari reprit la parole pour déclarer les festivités qui allaient durer trois jours entiers, ouvertes.

    A cet instant précis de l'histoire, les enfants vers du mûrier interrompirent le vieux Bombyx . Ils réclamèrent  le récit des aventures  du roi et de sa reine.

    - En voilà des manières ! bougonna le Bombyx. Quand est-ce que vous apprendrez à ne pas m'interrompre ? De plus, je ne peux pas commencer un autre récit sans avoir au préalable terminé le premier ! Pour qui me prenez-vous ? Je ne suis pas la princesse Shéhrasade qui raconte Les Mille et une nuits ! Une histoire à la fois ! Sinon, ma vielle tête va tout embrouiller !

    Bien que les enfants vers du mûrier n'avaient jamais entendu parler de Shéhrasade, ou des Milles et une nuits,  ils se turent de peur que le Bombyx ne voulût pas continuer.

    - Voilà qui est mieux ! je disais donc !

    Les festivités durèrent trois journées entières. On dansa, on chanta, on s'amusa. Le Cracheur de feu profita de l'occasion pour présenter quelques tours de son cru et Phyllis le petit Chaperon rouge et Platon l'agneau, le secondèrent admirablement.

    Le quatrième jour, alors que nos amis prenaient leur petit déjeuner, la Reine les invita à l'accompagner dans les jardins du palais. Ils sortirent au soleil.

    - Capitaine, lorsque vous êtes venu me trouver à Amsterdam, j'avais perdu tout espoir de retourner un jour ici. Vous avez exaucer mon plus cher désir en m'y conduisant. Il est temps pour moi de vous remercier comme il se doit  de ce service. Phyllis m'a tout dit sur votre rencontre : comment elle et le Cracheur de feu ont embarqué avec vous, vos péripéties, l'arrivée d'Océane sur votre navire, comment vous avez sécouru le Pêcheur, ainsi que toutes les misères subies par la Sirène des mers. J'aimerai vous aider. Vous repartirez bientôt vers la Hollande. Pour que la Sirène des mers trouve le repos et ne vous poursuit plus, il faut que le Pêcheur accomplisse un pélarinage à l'endroit même de la renaissance de la Sirène. Car, sachez qu'elle est née deux fois ! D'abord dans l'antiquité, berceau de toutes les  légendes et de tous les mythes puis, dans l'imagination d'un homme solitaire et inventif qui lui donna une seconde existence. Conduisez le Pêcheur dans ce pays et la Sirène des mers vous laissera tranquilles.

    - Quel est donc ce pays ? et qui est responsable de la renaissance de la Sirène des mers ? demanda le Pêcheur. Je suis prêt à partir dès demain, si je peux faire en sorte que le monstre marin nous laisse en paix !

    - Partez au Danemark, au pays du conteur Andersen. Trouvez sa maison. Et devant la statue dédiée à  "sa petite sirène" faites une prière en  jetant dans l'eau une poiognée du sable de l'oubli, conclut-elle. Et elle sortit de sa poche un minuscule sachet rempli de sable qui sous la lumière du soleil brilla de toutes les nuances de l'arc-en-ciel.

     

  • Sans nom

    Quelques fleurs sauvages dans un jardin

    Des coquelicots, des marguerites,

    Des narcisses ou des anémones

    Un arbre

    Des rideaux de pluie, des ruisseaux,

    De l'herbe douce et grasse,

    Des mots nouveaux, sonores et beaux

    Montagne bleue


    Cours, cours petit enfant !

    Imprime l'image dans tes yeux,

    Emporte-la , sans nom, ni visage