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contes - Page 7

  • La Ville engloutie 20 (Le petit Chaperon II)

    Capitaine5.jpg-  Nos  décisions ou nos actes ne dépendent pas toujours de nos désirs, malheureusement ! Les événéments et les circonstances de la vie font que nous devons parfois opter pour une solution plutôt qu'une autre ; si c'est à contre-coeur,  nous le faisons en souhaitant le meilleur pour ceux que l'on aime. Je m'en voudrais de te faire de la peine, Phyllis. Mais, malgré mon désir de vous accompagner dans votre tournée en Europe, je ne le peux. Ne serait-ce que par égard pour mon équipage qui a besoin de moi.

    La réponse du Hollandais volant attrista Phyllis. De retour sur le navire pour la nuit, elle se plongea dans une profonde réflexion. Durant ces quelques mois qu'ils avaient passé ensemble,  la petite fille s'était habituée à la présence du Capitaine à ses côtés. Elle aimait converser avec lui les soirs accoudée au bastingage du navire. Elle appréciait  ses plaisanteries tout en gentillesse ou  ses conseils avisés. Cet homme cultivé lui avait appris beaucoup de choses en peu de temps.  A aucun moment il ne manifesta de l'impatience ou de l'exaspération lorsqu'elle lui posait des questions. Il prenait le temps de lui expliquer mille choses, jouer avec elle, répondre à ses interrogations. Petit à petit, elle comprenait à l'expression de son visage, aux rides de son front,  ses sentiments ou les pensées qui l'habitaient.  Tout compte fait, le Capitaine représentait l'image du père que Phyllis n'avait pas connu.  Soudain, le petit Chaperon rouge trouva que la découverte du continent européen n'avait plus les mêmes attraits qu'auparavant. Elle  ne voulait, ne pourrait quitter le Capitaine.

    Le lendemain, Phyllis fit part de ses réflexions à Océane et  à Platon.

    - Tu avais raison, Océane. nous devrions changer nos projets. Et pour cela, il faut en discuter avec le Cracheur de feu.

    Le Cracheur de feu écouta attentivement les deux fillettes exposer leur point de vue.

    - Ne le prend pas mal, cher Cracheur de feu !

    - Je comprends parfaitement, répondit ce dernier. Moi-même je suis très attaché au Capitaine chez qui j'ai trouvé un ami véritable. Pourquoi ne pas rester encore quelque temps avec lui  ? Rien ne presse ! Voyager en mer n'est pas désagréable.  Nous pourrions visiter plusieurs endroits ! Nous présenterons notre spéctacle chaque fois que nous ferons une escale !

    Phyllis fut enchantée de cette décision. Tout irait pour le mieux, elle en était convaincue. Son optimisme naturel reprit le dessus.  La seule ombre à son bonheur de petite fille était l'éloignement de sa maman ; mais s'ils décidaient de rester un long moment à Amsterdam, elle pourrait prévenir sa maman afin qu'elle les réjoignît !

    Sans perdre un instant, Phyllis raconta au Capitaine leurs nouveaux projets et fit satisfaite de constater qu'il ne soulevait pas d'objections. Avec son accord, elle s'enferma dans sa cabine pour écrire une longue lettre à sa mère. Quand elle termina, elle fit lire la missive au Capitaine qui ajouta de sa belle écriture une invitation personnelle  à la mère de Phyllis, de les rejoindre au plus tôt à Amsterdam où le vaisseau resterait  amaré jusqu'à son arrivée. Puis, il se chargea lui-même de poster la lettre avant qu'ils ne quittent  le Danemark. Et comme le temps s'y prétait, on profita pour découvrir les beautés du pays avant de reprendre la route. Les journées qui suivirent furent chargées en émotions , en rencontres et en souvenirs. Une semaine s'écoula. Cependant, Phyllis s'impatientait. Elle voulait regagner la Hollande afin d'être plus proche du lieu de rencontre avec sa mère. Elle fit la requête au Capitaine qui sourit avec l'indulgeance de l'adulte face à un enfant.

    C'est ainsi, sous ces belles perspectives de lendemain que le grand navire du Hollandais volant avec à son bord une joyeuse compagnie, mit les voiles et arriva à Amsterdam.

     

  • La Ville engloutie 19 (Le petit Chaperon II)

    Statue petite sirène.jpgArimée  sur la roche, baignée de lumière et d'or, la statue de la petite Sirène d'Andersen contemple les flots pour l'éternité. Muette, les yeux  emplis de nostalgie et d'espoir, elle attend son amoureux dans une posture immuable.Malgré ses doutes, le Pêcheur s'approcha et de sa main calleuse hasarda une caresse maladroite sur les cheveux de bronze. Il s'attarda quelque peu, puis recula d'un pas. Il inclina la tête sur sa puissante poitrine, il eut un soupir mélancolique. Enfin, de sa voix rude il murmura ses mots.

    - O, Sirène !  Amie de tous les marins, humbles ou riches, compagne de mon sommeil et de mes rêves, créature  peuplant les mers et les océans de ce monde; toi, petite Sirène qui refusa l'immortalité pour l'amour d'un mortel ! Écoute ma prière, accepte-la parce qu'elle vient du fond de mon coeur ! Sirène, ma Sirène bien aimée, reçoit le sacrifice de mon amour, de mon âme, de ma pensée, de mon être ! Toi qui sillonne les mers par la pensée, accueille dans tes bras la vie misérable d'un être qui n'a connu l'amour que dans les vastes contrées bleues des eaux  qui t'ont  vu naître ! C'est simplement que je viens à toi !

    Tel fut la prière du Pêcheur lorsqu'il se trouva face à la statue de la petite Sirène dans le port de la capitale du Danemark. Dès qu'il eut prononcé ces paroles, il sortit de sa poche le petit sachet que la Dame de Ker Is lui avait confié et vida son contenu dans la mer. Les particules de sable  iridescent voltigèrent dans la brise légère, en formant un mince filet coloré, et  s'enroulèrent autour du cou de la statue un moment comme suspendus en collier de lumière et finirent leur valse dans les eaux dorées  par le  coucher de soleil. Le Pêcheur soupira à nouveau. Il releva la tête et regarda encore la statue. Sur son visage se dessina une expression de tranquilité sereine. Il sembla libéré d'un fardeau invisible qu'il eût peser ses ses épaules.

    Ses amis, étaient restés un peu en retrait afin de lui laisser la possibilité d'être seul avec son rêve. Tous avaient apréhendé l' instant qui allait mettre le Pêcheur face à l'avatar de la Sirène des mers, une version édulcorée et bien plus humaine  de cette dernière.  Tous, durant la traversée n'osèrent pas exprimer à voix haute leurs doutes. Ils avaient craint à chaque instant de voir surgir de nulle part la Sirène des mers avec ses révendications, sa méchanceté et ses pièges mortels. A présent, tous se sentaient soulagés.

    Le soleil tardait à décliner dans ses contrées nordiques et il se faisait tard déjà. Après avoir respecté lla prière et le recueillement de son ami, Phyllis le petit Chaperon rouge, impatiente de terminer cette quête, s'avança vers le Pêcheur et posa sa minuscule main sur le bras tanné par les travaux marins.

    - Il est temps pour nous de partir, Pêcheur. Je suis contente que tu aies accompli ton pélérinage. Mais je pense qu'il faut pour nous, retourner à notre point de départ !

    - Notre point de départ ?

    - Évidemment ! La Sirène des mers nous laisse tranquilles pour le moment. Rien ne s'oppose désormais à ce que nous partions tous à la découverte de l'Europe ! N'est-ce pas Capitaine ? ajouta-elle en direction du Hollandais.

    - Tu as raison, Phyllis. Tant de choses, de lieux, de personnes et d'aventures vous attendent dans ce vieux continent ! Peut-être qu'il est temps de réaliser vos projets.

    - Quel discours étrange ! Mais, vous venez avec nous Capitaine !

    - Je crains que cela ne soit pas possible Phyllis, répondit le Hollandais avec un tremblement d'émotion dans la voix. Le Cracheur de feu, Océane, Platon et toi vous pouvez partir à la découverte de ce merveilleux continent. Cependant, même si je le voulais, je ne pourrais pas vous accompagner. Je ne suis qu'un vieux marin habitué aux mouvements de la houle sous les planches de mon navire ! De plus, que ferait mon équipage sans moi ?

    - Oh ! Cela est impossible, Capitaine ! s'écria Phyllis horrifiée. Il est hors de question que nous vous quittions ! Je ne partirai pas sans vous. N'êtes vous pas de mon avis, Océane ? Plation ? Pêcheur ? les interpella-t-elle. Et recevant l'approbation de ses compagnons et amis, elle poursuivit triomphante.

    - Vous voyez !? Personne ne partira sans vous ! Même toi, mon cher Cracheur de feu ! Tu ne voudrais pas quitter le Capitaine ?

    Tous acquiescèrent. Il n'était plus question de partir découvrir l'Europe sans le Capitaine. Sans lui, plus rien ne serait pareil ! Tous regardèrent le Hollandais qui se tenait immobile, dos à la mer. Il était venu le moment tant redouté de tous. Qu'allait-il se passer ? Que fallait-il décider ? Tous les yeux restèrent rivés sur le visage du Hollandais volant en attente de sa réponse.

     

  • La Ville engloutie 17 (Le petit Chaperon II)

    Amsterdam 2.jpgAmsterdam ! Le vaisseau du Hollandais volant touchait enfin les rivages de son pays natal ! L'équipage, accoudé au bastingage se recueillait  silencieux derrière le Capitaine, contemplant  les quais de la ville  tant désirée. Des centaines de canaux sérpantaient à travers les bâtiments et s'entortillaient autour des rues étroites et arborées. Autour de la gare centrale une foule affairée allait et venait. Des bicyclettes faisaient tinter leurs sonnettes, les terrasses des cafés étaient pleines de monde, des mouettes poussaient des cris stridents comme des paroles de bienvenue.

    - Je hâte de visiter la ville ! dit Phyllis le petit Chaperon rouge. Tout semble si beau ! Viens Platon, Océane ! Soyons les premiers à descendre.

    - Pas si vite jeune fille ! la retint le Capitaine qui malgré son émotion gardait la tête froide. Ne nous précipitons pas à terre sans d'abord nous assurer que nous ne courons aucun danger.

    - Quel danger peut-il y avoir ? Nous sommes arrivés au bout de notre voyage !

    - Le Capitaine a raison, Phyllis, dit le Cracheur de feu. Il ne faut pas nous précipiter et risquer de tomber dans un piège. Après tout, nous ne savons pas ce qui est devenue la Sirène des mers !

    - Elle  nous aurait  suivi ?

    - Qui sait ? Il vaux mieux être précautionneux. Et d'abord, il faut que nous apportions le paquet qu'on nous a confié à destination.

    Phyllis fut obligée de reconnaître qu'il fallait attendre. Ainsi le Capitaine s'occupa des formalités portuaires, descendit en ville pour se procurer ce dont ils auraient besoin et revint quelques heures après. Il donna quartier libre à l'équipage mais laissa quelques hommes à bord pour surveiller le navire. Ceci fait, il réunit ses compagnons pour leur expliquer ce qu'ils allaient faire par la suite et tous ensemble ils partirent à la recherche du destinataire de la bourse.

    Ils empruntèrent les rues de la ville et ne tardèrent pas à se trouver devant une porte rouge. Un majordome vint leur ouvrir lorsqu'ils frappèrent et on les pria d'attendre qu'on les reçût. Puis, le majordome les conduisit dans un salon coquet et confortable où assise devant la fênêtre, une dame les attendait. Elle les invita à s'asseoir et commanda du thé.

    - Vous avez exprimé le désir de me rencontrer. De quoi s'agit-il ?

    - Nous avons un paquet pour vous, Madame, répondit le Capitaine. Mais avant, nous devons vous remettre en mains propres  cette lettre.

    Il tira de la poche de sa veste la lettre du vieil homme et la lui tendit. La femme regarda stupéfaite l'enveloppe, la tournant entre ses doigts fins et délicats. Elle sembla hésiter.

    - Qui vous a confié cette lettre ? finit-elle par dire.

    - Notre navire a échoué au cours d'une tempête au large de la Cornouaille il y a quelques jours. Il a fallu réparer les dégats et nous avons pu trouver secours sur le littoral...

    - N'en dites pas davantage ! l'interrompit leur hôtesse. Permettez-moi de lire cette missive.

    D'une main tremblante et brisa le sceau qui maintenait les pages fermées et les approcha de la fenêtre de profiter de la lumière du jour pour la lire. Elle parcourut rapidement les feuillets à plusieurs reprises comme si elle avait de la peine de croire ce qu'elle lisait.

    - Monsieur, puis-je voir le paquet qui accompagne cette lettre ?

    Le Capitaine se leva, sortit la bourse de sa poche, la déposa sur un guéridon près de la femme et regagna sa place sans un mot. Elle prit la bourse, l'ouvrit et sortit devant les yeux émerveillés de l'assistance un magnifique médaillon sculpté dans de l'or massif pendu à une chaîne. Elle l'examina attentivement et d'une légère pression, elle l'ouvrit, tirant de l'intérieur une tresse où s'entremêlaient des cheveux noirs et or.A la vue de cela, la femme fut émue aux larmes.

    - Je ne sais pas qui vous êtes, monsieur. Mais en m'apportant ce médaillon, vous me restituez une partie de mon passé ! Je ne pensais pas vivre assez longtemps pour profiter d'un instant aussi privilégié. J'aurais une faveur à vous demander. Vous pouvez refuser. Mais si vous acceptez, je vous garantis que vous ne le regretteriez pas.

    - Je vous écoute, madame. répondit le Capitaine.

    L'inconnue se leva de son siège et fit quelques pas vers le Hollandais.

    - Accepteriez-vous de me conduire vers l'homme qui vous a confié ce message pour moi ? demanda-t-elle.

    Tout le monde retint son souffle. Le Capitaine était aussi étonné que les autres. Il parut réflechir un moment et malgré les protestations qu'il lut dans le regard de ses compagnons,  il dit.

    - Si tel est votre souhait, Madame, je me ferai un plaisir de vous y conduire.

    Ainsi, à peine quelques jours après son arrivé à Amsterdam, le navire du Hollandais volant reprenait la mer pour Ker Is, avec à son bord une nouvelle passagère.

     

     

  • La Ville engloutie 16 (Le petit Chaperon II)

    Fanome.jpgLe vent gonflait les voiles du grand vaisseau et la mer écumeuse se fendait en deux sur son passage. L'équipage occupait son poste habituel et le Capitaine prit un moment pour souffler et discuter avec ses amis qui profitaient du beau soleil assis sur le pont. Phyllis, le petit chaperon rouge se contemplait dans le miroir enchanté que le Capitaine lui avait offert ; Océane, l'enfant de la Haute-mer lisait un recueil de poésies et le Pêcheur était en train de sculpter une pipe dans un morceau d'écume de mer qu'il s'était procuré en ville. Le Cracheur de feu comme à son habitude s'essayait à de nouveaux tours de magie et Platon l'agneau le secondait dans ses activités.

    Phyllis  rangea son miroir enchanté et s'approcha du Hollandais volant ? Elle mit sa minuscule main blanche dans celle de l'homme et lui sourit.

    - Quand est-ce que nous arrivons à Amsterdam ?

    Le Capitaine lui sourit en retour et de sa main libre caressa les cheveux blonds de la fillette.

    - Dans deux ou trois jours, si le vent se maintient.

    - Cela fait longtemps que vous n'êtes pas retourné ?

    - Un certaine temps, oui.

    Et comme pour lui-même, il ajouta : "Je me demande si je reconnaîtrais les lieux..."

    En entendant cette réflexion, Phyllis s'étonna.

    - Comment pourriez-vous ne pas reconnaître votre ville natale ! Je suis certaine que si je rentrais chez moi, je reconnaîtrais tout et tout le monde !

    Le Capitaine sourit tristement.

    - Vous êtes triste ! Pourquoi ? Vous n'êtes pas heureux de retourner à la maison ?

    - Cela fait si longtemps que je suis absent, que je doute de trouver quiconque de mes connaissances encore vivant.  La ville, le pays entier ont du changer ! Je suis seul à rester depuis au jour de mon départ !

    - Quel étrange discours ! A mon avis vous ne devriez pas vous en inquiéter. Vous verrez, tout ira bien.

    Le Hollandais regarda avec tendresse la petite fille. Tant de choses avaient changé depuis que cette enfant était entrée dans sa vie ! Des  événements extraordinaires s'étaient produites. Son coeur fit un bond dans sa poitrine. Il lui semblait que Phyllis avait modifié le destin ! A cette pensée, le Capitaine, poussé par une envie irrésistible, se pencha et déposa, reconnaissant, un baiser sur le front du petit Chaperon rouge.

    - Si  je pouvais avoir un enfant un jour, j'aimerais que ce soit toi, Phyllis ! dit-il d'une voix qui tremblait d'émotion.

    Touchée de cet aveu, Phyllis se tut. Elle comprenait l'émotion de son ami. Parfois, elle aussi, elle aurait aimé que le Hollandais fût le père qu'elle n'avait jamais connu. Ils restèrent ainsi silencieux, se tenant la main, regardant les eaux profondes de la mer du Nord. Un moment s'écoula avant que la petite fille ne se décidât à parler.

    - Capitaine, vous ne voulez pas savoir ce que contient la bourse  que le vieil homme vous a confié ?

    - Je préfère ne pas le savoir, Phyllis. D'ailleurs, j'ai donné ma parole. Personne ne doit ouvrir la bourse excepté celle à qui elle est destinée.

    - Oh ! je ne veux pas que vous l'ouvriez ! s'empressa de préciser le petit Chaperon. Mais je pensais qu'il pouvait s'agir d'un nouveau piège de la Sirène des mers. Je la soupçonne d'être mêlée à tout ça !

    - Eh bien, moi aussi je l'ai pensé. Mais j'ai mes raisons de croire que cette fois-ci, la Sirène des mers nous laissera tranquilles pour un moment.

    En attendant cela, le Pêcheur qui assistait à la conversation depuis sa place sans oser intervenir auparavant, se permit de questionner.

    - Comment pouvez-vous en être sûr, Capitaine ? La Sirèene s'est montrée très ingénieuse. Si par malheur le vieil homme est son complice, nous devons nous attendre à des problèmes.

    - Il est hors de questions que nous ouvrions la bourse ! Nous irons à l'adresse indiquée sur la lettre et nous remettrons l'objet à qui de droit, répliqua fermement le Hollandais.

    - Capitaine, nous sommes d'accord avec vous. Mais ne pourrions-nous pas jeter un coup d'oeil à cette lettre ? Histoire de regarder l'adresse ?

    Tous acquiescèrent à cette proposition. Trouvant cela raisonnable, le Capitaine fut d'accord et sortit la lettre de la poche de sa veste et l'examina. Il s'agissait d'une enveloppe en papier grossier, jaunâtre comme du parchemin. Aucune indication n'apparaissait à l'extérieur. D'un geste vif, le Hollandais déchira l'enveloppe et l'ouvrit. Un petit message tomba sur le plancher qu'Océane récupera et tendit au Capitaine. Il était protégé par un sceau de cire rouge et au dos, d'une écriture pâlie par les ans, on pouvait lire une adresse à Amsterdam. Il indiquait une petite impasse près d'Oude-Zijds Voorburgwal.

    - Je crois savoir où se trouve cette impasse, précisa le Capitaine. Amsterdam n'a pas dû changé tant que cela après tout !

    - Je hâte d'y être ! dit Phyllis.

    La journée passa très vite. Le soir venu, Océane écoutait Phyllis faire des conjectures sur la ville d'Amsterdam et ce qu'ils allaient trouvé lorsqu'ils arriveraient. L'impatience de Phyllis rendait Océane nerveuse.Elle hésita avant de se confier à son amie.

    - De quoi as-tu peur ?

    - A Amsterdam nous allons quitter le navire, nous partirons à la découverte de l'Europe, n'est-ce pas ?

    - Sans doute ! Nous réaliserons nos projets. Tu sais que le Cracheur de feu  a tout organisé : nous aurons une roulotte comme celles qu'on a vu sur  Ker Is. Nous découvrirons les plus grandes capitales d'Europe !

    Son amie la regarda avec tristesse.

    - Phyllis ! Nous devrions quitter le navire !

    - C'est normal, non ? Si nous voulons parcourir l'Europe.

    - Réfléchis ! Quitter le navire signifie que nous n'allons plus revoir le Capitaine ! Il n'a jamais était question qu'ils nous accompagne dans nos périples !

    A cette affirmation, l'enthousiasme de Phyllis retomba comme un ballon qu'on dégonfle.

    - Tu as raison ! Je n'avais pas envisager les choses de cette manière...

    - Voilà ce qui me fait peur. Qu'allons nous faire sans lui ? Comment ferons nous si un danger se présente ? Non pas que je n'ai pas confiance au Cracheur de feu, s'empressa-t-elle à ajouter, mais le Capitaine a su nous sortir des pires situations. Il dirige tout avec beaucoup d'intelligence et de sensibilité, il nous protège et s'occupe de nous !  Un peu comme... un père le ferait.

    - Oui, convint le petit Chaperon rouge. Mais tu ne dois pas t'en faire. Il suffit que nous lui demandions de nous accompagner ! Il viendrait avec nous, qu'est-ce que t'en penses ? Dès demain nous lui en parlerons. Nous verrons bien ce qu'il va nous dire. Dormons à présent.

    Phyllis et Platon ne tardèrent pas à s'endormir  profondément. Océane resta éveillée à réfléchir jusqu'au petit matin où enfin,épuisée elle se laissa aller dans les bras de Morphée.