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Le Défilé de File la Laine - Page 59

  • TF1: La télé révisitée

    3384442138413.jpgAprès beaucoup d'hésitations, de tergiversations vu le prix, j'ai cédé à la tentation de m'offrir l'intégrale de cette série que j'adore.

    Je vais donc dans un grand magasin très connu hier et je me dépouille de quelques économies faites difficilement par ce temps de crise au profit de ce joli coffret ( éditions TF1 Vidéo, remarquez-le bien !)

    Je débarque chez moi,  je m'installe devant mon lecteur DVD, savourant par avance le bonheur de me plonger dans les ruelles du Village en compagnie du ténébreux  McCohan en numéro 6 et en version originale sous-titrée.

    Mon paquet de M'n'Ms dans une main, ma télécommande dans l'autre je choisis la version adéquate et je me délècte d'entendre in English la voix profonde de l'acteur crier :

    "I'm not a number ! I'm a free man !"

    Puis, l'épisode commence...

    Heureusement que mon anglais n'est pas mauvais et qu'il y a sur le support la version française !

    Car, des sous-titres POINT !

    Je m'inquiète, je tripatouille ma télécommande, ma télé, mon DVD, RIEN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Je change de disque, idem ! Pas de sous-titres dans la version originale !

    Je vais voir les bonus pour chercher une explication et LA ! LA JE ME SENS ROULEE !

    TF1 vidéo a fait dans l'économie. Les "bonus" consistent à trois ou quatre cartons (oui, oui, comme dans les films muets !) avec un texte écrit dessus qui vante les mérites de la série et  d'un réportage sur la série mais point de réportage !

    Dommage que les dirigeants de TF1 n'ont pas regardé la série avant de la commercialiser. Ils auraient peut-être compris son symbolisme  et ils ne se contenteraient pas du ZERO !

     

  • La Ville engloutie 9 (Le petit Chaperon II)

    murier5.jpgLe Vieux Bombyx fit une pause.  Intérieurement, il jubilait. Pas un seul vers parmi les jeunes enfant-vers du mûrier n'avait bougé depuis qu'il avait commencé son récit. Il était  un vers à soie expériementé et avait roulé sa bosse. Il avait évité beaucoup de désagréments dans sa longue existence, rencontré des gens de tout acabit.  Il s'était battu pour sa subsistance. Il avait plaidé pour garder sa liberté, et son indépendance, argumenté pour  être seul maître de sa déstinée. Il lui avait fallu du temps et des efforts pour gagner le droit  à la tranquilité et au respect. Il savait aussi, comme personne d'autre raconter des  belles histoires et,  biensûr, il savait ménager le suspense. Il se tut donc et observa son auditoire malicieusement.

    Le silence se prolongea jusqu'à ce que les petits vermisseaux du mûrier se mettent à protester. Ils réclamaient la suite.

    - Il est l'heure de rentrer chez vous maintenant les enfants. Je suis fatigué et j'ai besoin de sommeil pour me requinquer. Allez ! Oust ! Je vais dormir.

    - Allons, grand'père ! Tu ne peux pas t'arrêter maintenant ! Juste au moment où Platon est catapulté devant le Capitaine ! Raconte !

    - Que voulez-vous que je raconte ? Vous avez compris ce qui va se passer, non ?

    - S'il te plaît, grand'père !

    Sous son allure bourrue, le Vieux Bombyx avait un coeur sensible et tendre comme du beurre. Il aimait la tranquilité, mais il adorait plus encore la compagnie, et les enfants en étaient une excellente. Ses yeux pleins de malice brillèrent.

    - D'accord ! Puisque vous insistez, je vais bien poursuivre. Mais auparavant, allez me chercher une gouttelette de jus de mûres blanches. J'ai le gosier sec à force de parler !

    Deux d'entre eux, filèrent apporter des grosses mûres bien juteuses qu'ils offrirent au vieux Bombyx qui, rassasié, reprit notre conte.

    Vous imaginez la surprise du Capitaine et de sa compagnie lorsqu'ils virent atterrir devant eux l'agneau qu'ils croyaient mort, arrivant de nulle part, bien en vie et en bonne santé ! Ils s'empréssèrent de l'examiner, et lui posèrent de tas de questions aux quelles il ne put répondre. Malheureusement, Platon fut incapable de dire comment il avait atterri au milieu d'une ruelle juste au moment même où le Capitaine s'y trouvait. De même qu'il fut impossible pour lui de se rappeler quoi que ce soit sur la Sirène des mers.

    - Concentre-toi, Platon ! insista Phyllis. Te souviens-tu quand la Sirène t'a emporté avec elle ?

    - Je me rappelle que nous étions tous assis  tranquillement près de la barque. J'ai voulu regarder la mer et me suis approché de la berge. Ensuite, j'ai glissé et suis tombé. J'ai eu  très peur. Mon coeur battait très fort comme un oiseau qui veut sortir de sa cage  en volant dans tous les sens. Mais après, je me suis senti au chaud et en sécurité. Et avant que je ne comprène ce qui m'arrive et où je me trouve, le Capitaine me bousculait en me posant de tas de questions bizarres.

    Phyllis et Océane entreprirent de raconter à Platon ce qui s'était réellement passé. Elles insistèrent sur de nombreux détails mais rien n'y fit. Platon avait  oublié tout ce qui se produisit avant son enlèvement par la Sirèene des mers.

    - Ce n'est pas grave, Platon, lui dit le petit Chaperon rouge. L'essentiel est que tu sois sain et sauf parmi nous. Tu es sous le choc. Ta mémoire reviendra avec le temps. N'y pensons plus !

    Cependant, le Capitaine ne fut pas du même avis que Phyllis. Il trouvait l'amnésie partielle de Platon étrange. Sans souffler mots aux autres pour ne pas les inquiéter, il décida de surveiller étroitement l'agneau.

    Sur ses entre faits, l'homme qui devait apporter son aide dans les réparations du navire, arriva sur le quai avec sa caisse à outils prêt à partir.

    - Il faut que nous partions tout de suite, histoire de gagner du temps. Si votre navire peut être réparé sur place, nous le ferons. Dans le cas contraire, il faudrait le remorquer vers le chantier naval afin d'apporter les réparations nécessaires.

    - Eh, bien ! Nous sommes prêts, répondit le Capitaine.

    Ils montèrent tous dans le canot, les hommes de l'équipage aux rames, le Capitaine à la barre et s'éloignèrent vers le large là où le vaisseau du Hollandais volant avait échoué sur un banc de sable.

  • A travers une fenêtre

    Fenêtre.jpg

    Cette lumière dans tes yeux qui se reflète dans la vitrine
    Cet éclat qui se répercute sur les plafonds artificiels
    C'est ton coeur qui retient ses bâtements

  • La Ville engloutie 8 (Le petit Chaperon II)

    ville portuaire.jpg-  Après Platon, le miroir enchanté ! Voilà qui n'annonce rien de bon, dit le Pêcheur. Décidément, le destin s'acharne contre nous. Vous auriez du me laisser perir en mer, Capitaine. Depuis que vous êtes venu à mon secours, rien ne va.

    - Ne soyons pas pessimistes, lui répondit le Hollandais. Restons solidaires et nous parviendrons à vaincre l'adversité. Pour le moment nous devons aller au chantier naval. Nous aviserons plus tard. Quant à vous, Cracheur de feu, soyez prudent durant notre absence.

    - Je ne suis pas inquiète pour le miroir enchantée. Je pense que nous l'avons laissé dans le navire, dit au bout d'un moment Phyllis. Je crois me souvenir que je l'avais sorti de mon sac avant que nous échouions. Ça doit être ça.N'ayez pas d'inquiétude Capitaine. Nous  attendrons sagement ici votre retour.

    Sur ce, les quatre hommes s'éloignèrent laissant seuls les deux fillettes et le Cracheur de feu.

    Pendant ce temps, la Sirène des mers arriva dans son domaine. Elle déposa l'agneau évanoui sur un tas d'algues, s'installa confortablement et attendit qu'il reprît  ses esprits. Au bout d'un moment, le malheureux animal reprit connaissance. Il secoua sa tête pour chasser les dernières vapeurs d'étourdissement et soupira profondément. Il se remit fébrilement sur ses pattes et chercha Phyllis et Océane du regard. Son petit coeur faillit se rompre lorsqu'il vit la Sirène face à lui.

    - N'aies crainte agneau, je ne te veux aucun mal, le rassura la Sirène. Je t'ai conduit ici parce que je désire certaines informations que tu pourrais me fournir.

    Au son de cette voix,  Platon craintif,  recula de quelques pas se trouvant acculé contre les parois de la grotte. Son lainage blanc se hérissa.  Un sentiment de désespoir l'emplit mais  il s'eforça à ne pas montrer son affolement. Muet, il attendit la suite.

    - Tu étais présent lorsque le Capitaine porta secours au Pêcheur, poursuivit la Sirène. Tu as assisté au sauvetage. Je veux savoir par quel moyen, alors qu'il était voué à la mort, il a pu en réchaper. Aussi, comment le sortilège de la bague-loup que j'avais placé moi-même au doigt de la petite fille a pu se rompre ?  Qui a mis en place le cercle de feu qui m'empêcha d'approcher et reprendre le Pêcheur ? Mais surtout, par quel enchantement le Hollandais parvint à mener son vaisseau à un port alors que le temps imparti n'était pas arrivé à son terme ?

    Au fur et à mesure que la Sirène parlait, Platon prenait courage. Il examina le visage pur de la créature, sa chevelure d'or, son buste d'albêtre, sa queue iridescente, son allure. "Elle est si belle, pensa-t-il. Comment une créature si parfaite puisse se montrer aussi cruelle ? Peut-être qu'elle n'est pas aussi terrible que nous l'avons cru."

    La Sirène qui observait l'agneau, comprit ce qui se passait dans la tête de l'animal, sourit avec bienveillance et d'un hochement de sa crinière dorée encouragea Platon à lui faire confiance.

    Hypnotisé par tant de  beauté et cette  voix mélodieuse et ensorcelante, Platon raconta tout ce qu'il savait :  sa rencontre avec Phyllis,  le Cracheur de feu, comment ils embarquèrent sur le vaisseau du Hollandais volant, les péripéties qu'ils eurent,  le sauvetage du Pêcheur, le cercle de feu, la transformation de Phyllis en loup,  l'arrivée au port du navire. Il répondit à toutes les questions que la Sirène lui posa et se sentit libéré d'un fardeau. Une sorte d'éphorie l'avait gagné. Il s'enhardit et s'approcha de son interlocutrice au point de la toucher.

    La Sirène satisfaite, se pencha et de sa fine main blanche, caressa la tête crépue de Platon, laissant courir ses doigts dans le doux lainage de son pelage. Une sensation étrange parcourut le monstre marin. Habituée à la rudesse des surfaces écailleuses et froides des animaux marins, elle plongeait pour la première fois sa main dans cette tignasse douce, chaude, palpitante. La Sirène apprécia cette sensation et son sourire s'élargit.

    - Tu m'a dit tout ce que je voulais savoir. Je n'ai plus aucune raison de te garder.

    A ces mots, Platon sursauta. Allait-elle lui ôter la vie ? La Sirène compris au regard affolé de l'agneau ses craintes.

    - Non, mouton. Je ne vais pas te tuer. Tu me plaîs. Tu a été courageux et honnête. Pour te remercier, je te ramènerais vers tes amis.

    Platon n'en croyait pas ses oreilles. Il allait partir ! Retrouver Phyllis et ses amis ! La Sirène n'était pas l'abominable créature qu'il fallait éviter à tout prix ! Un sentiment de gratitude parcourut le petit agneau.

    - Avant de nous quitter, je te donne en gage de notre nouvelle amitié ce médaillon. Lorsque tu porteras ton museau sur lui, je le saurais et je viendrais à toi, dit la Sirène et tirant d'un coffret placé à proximité une chaîne d'argent au bout de laquelle pendait un coquillage.

    Elle la passa autour du cou de Platon qui ne dit rien, tant l'émotion l'étranglait. Encore une fois, la Sirène des mers passa sa main diaphane sur le dos de l'agneau après quoi, elle leva les bras au-dessus de sa tête et fit un geste compliqué en murmurant une phrase inintélligible.

    - Adieu, mouton ! Nous nous reverrons très vite ! conclut-elle.

    A peine avait-elle prononçé ces paroles, que Platon eut l'impression de tomber dans le vide. Cela ne dura pas  et pantelant il atterrit sur le révêtement dur d'une ruelle. Devant lui, se tenait le Capitaine, le Pêcheur et les deux hommes de l'équipage.