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Le Défilé de File la Laine - Page 71

  • Le Petit Chaperon voit rouge (1)

    Le-petit-chaperon-rouge.jpg Un vieux  Bombyx qui s'ennuyait  sur son mûrier réunit un soir autour de lui tous les petits vers-enfants de l'arbre et leur annonça d'une voix solennelle : "Je me fais trop vieux pour parcourir l'univers, mais par le passé, lorsque j'étais  jeune et vigoureux, j'ai beaucoup voyagé et appris mille histoires. Si vous le voulez bien, chaque soir, je vous raconterai une de mes aventures." Les petits vers furent enchantés de cette nouvelle car ils aimaient les histoires et leurs parents étaient souvent trop occupés par leur travail pour le faire. C'est ainsi, que le vieux Bombyx devint le conteur attitré de l'arbre.

    Il était une fois, une petite fille qui vivait seule avec sa maman à l'orée d'une grande ville. Elle allait à l'école de son quartier  mais, bien que très gentille et intelligente, elle n'avait pas d'amis. Tous ses camarades se moquaient d'elle à cause d'un chaperon rouge que sa mère lui avait confectionné et l'appelaient Le Petit Chaperon Rouge tant et si bien, que personne ne se souvenait de son prénom. La petite fille n'osait pas dire à sa maman que les autres enfants ne voulaient pas jouer avec elle et ne voulait pas non plus enlever son chaperon rouge parce que cela ferait de la peine à sa maman ,chose qu'elle ne voulait  pour rien au monde. Pour tromper sa solitude, la petite fille allait à la médiathèque de son quartier et empruntait des livres qui racontaient des histoires d'amitié et de solidarité entre les gens et se consolait ainsi de sa solitude.

    Un mercredi après midi donc, suivant les conseils de la bibliothécaire, elle rentra à la maison avec Les Contes de Perrault qui relataient les aventures de la petite fille à qui notre héroïne devait son surnom. Après s'être installée confortablement, la petite fille lut avec passion et le soir venu, sa décision fut prise.  Elle prépara son sac avec l'indispensable pour un long voyage, ajouta quelques provisions pour la route, mit son argent de poche dans  son petit portefeuille et écrit une lettre à sa maman  pour que cette dernière ne s'inquiéte pas inutilement de son absence. Satisfaite, elle jeta un dernier coup d'oeil à sa chambre et d'un pas déterminé, quitta sa maison et s'engouffra dans la première station de métro.

    (à suivre)

     

     

     

     

     

  • VIII

    Abschied

    La conscience s’égare, voyage, se perd

    Dans les méandres des rêveries impossibles

    Puis revient à toi, te sourit

    La pensée se promène dans des lieux purs

    Où tu es seul à y pénétrer

    L’esprit s’égare dans tes Mondes

    Dans tes yeux, dans ton cœur

    Te retrouve, se perd encore

    Loin ! Hors du temps

    Je chemine dans l’intervalle laissé par ton corps

    J’ajuste mon allure, associe ma démarche

    Guide mon pas à l’errance immobile de ton âme

    Dans le Cosmos qui t’appelle

    Vers ce Vide insondable où tu t’emmures

    Une tristesse au fond de moi

    Te retrouver ! Dans l’espace

    Une laideur accablante, monotone m’accueille

    Héberge ma douleur, m’apaise

    Dans son sein concave

    Et me susurre tes secrets

    Perdus ! Dans l’abîme

  • VII

    ΑΓΑΠΗ son nom...

     

    La statue d’orichalque s’anime

    Espace infini des réminiscences

    Ses yeux vides se meuvent

    Creusent dans l’oubli

    Avide d’avaler ton corps

    Dans ses sombres sépulcres

    Ses lèvres closes

    Susurrent des soupirs amoureux

    Ses bras s’ouvrent, s’immobilisent

    Accueillent le cri d’agonie du dormeur

    Son sein exhale un souffle muet

    Lourdes de sens,

    Les paupières se ferment

    Emprisonnent ton reflet

    Parmi les cavités opalescentes des orbites creuses

    Un regard, un amour, un rêve

    Les ombres te refusent l’Asphodèle

    Αγαπη son nom, θανατος son visage

  • Poèmes : VI

    Je ne peux que t’aimer

     

    Dans l’obscure résurgence du désir

    Où les sens s’abandonnent et s’assemblent

    Dans le silence taciturne de ton cœur

    Qui enclave le mien dans sa gangue

    Sur les murs blancs de ma chambre

    Où ton empreinte intacte grave des terreurs primitives

    Dans ces lieux où les humeurs de tes baisers

    Cèdent la place à d’obsédantes peurs

    J’entrevois continuellement

    Des mots inachevés, des gestes en attente

    Des plaisirs inassouvis, insatiables

    Dans l’espace restreint de ton corps où je meurs

    Je ne peux que t’aimer

    Comme hier, comme avant, comme toujours

    Et je t’aime à nouveau

     

    Puisque je suis sans exister et j’existe sans l’être